
Image sattellite du Caucase
Le Caucase, à mi-chemin entre Europe et Asie, est principalement constitué d'une chaîne de montagnes aussi longue que les Alpes (1'200 km). Ces sommets, qui culminent à 5'642 m avec l'Elbrouz, s'étirent d'est en ouest, reliant la Mer Noire à la Mer Caspienne.
Le nord de la région est situé en Russie et englobe les républiques de Karatchaïévo-Tcherkessie, de Kabardino-Balkarie, d'Ossétie du Nord, d'Ingouchie, de Tchétchénie et du Daguestan. Au sud, on trouve la l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie.
Ethnies, religions et langues multiples
Sur un plan ethnique, cette région est l'une des plus complexe et variée de la planète. Certains de ses habitants y sont présents depuis des milliers d'années, d'autres (les Russes par exemple), depuis quelques siècles seulement. Ces différentes populations, parlent des langues d'origine caucasienne, mais aussi sémitique, turco-mongole ou indo-européenne.
A ces différences ethniques et linguistiques viennent s'ajouter des orientations religieuses très diverses. Les habitants de la région sont de cultes juif, orthodoxe, chrétien, bouddhiste et musulman (sunnite ou chiite). Si l'on simplifie le tableau religieux, deux grands groupes sortent du lot: chrétiens et musulmans.
Vieilles rancunes et géopolitique
Ici comme ailleurs, les antagonismes entre ces deux communautés ne datent pas d'hier. Au XVIIIe siècle déjà, la Géorgie (chrétienne), effrayée par les invasions ottomanes, avait demandé son rattachement à la Russie impériale. Un siècle plus tard, devant l'avancée des troupes russes, c'est au tour des musulmans de fuir par centaines de milliers vers le Nord et l'Empire ottoman (voir histoire).
On le voit, la cohabitation sur un espace restreint de ces peuples parlant des langues différentes et ne priant pas dans les mêmes temples est des plus délicate. À cela, il faut ajouter des enjeux économiques et stratégiques importants. Les réserves en hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) attirent en effet de nombreuses convoitises alors que, militairement, les États-Unis et la Russie (avec leurs alliés respectifs) tentent de marquer la région de leur empreinte.
Au milieu de ce système complexe à l'équilibre instable, des conflits s'enlisent. Celui de Tchétchénie, relayé par voie de presse, est bien connu du grand public. D'autres, comme celui opposant la Géorgie à l'Abkhazie, sont peu à peu oubliés, passés sous silence car moins «spectaculaires». Pourtant, entre Soukhoumi et Tbilissi, les deux capitales des belligérants, ce sont des dizaines de milliers de réfugiés qui attendent que la paix revienne pour pouvoir rentrer chez eux.




