
Combattants du MILF
Deux fronts entretiennent le conflit philippin. Le MILF (Moro Islamic Liberation Front), musulman, exige depuis 30 ans l'indépendance d'une partie du sud du pays – comprenant Mindanao et Palawan – où la communauté islamique représente 20% de la population (5% de la population totale du pays). Le NPA (New People's Army), bras armé du parti communiste philippin, lutte quant à lui pour «délivrer le peuple de l'exploitation et de l'oppression» ainsi que pour imposer une réforme agraire depuis 1969 déjà.
Histoires de colons
Après avoir été depuis le début du XVIe siècle déjà sous la domination des Espagnols – qui en firent la base de leur projet d'évangélisation de la région – les Philippines sont «libérées» en 1898 par les Américains, favorables à leur indépendance. Mais à l'issue de la guerre hispano-américaine de libération, les Philippins déchantent car leur terre est vendue (quelques millions de dollars) aux nouveaux occupants par les anciens. Le pays doit attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale et de l'occupation japonaise pour obtenir une véritable indépendance, datée du 4 juillet 1947.
Marcos et consorts
Un des héros de cette indépendance et de la guerre livrée aux Japonais s'appelle Ferdinand Marcos. Elu en 1965 au poste de Président, il y restera accroché jusqu'à sa chute en 1986. Pendant cette période, la corruption est omniprésente et l'opposition muselée. Pour mieux asseoir son pouvoir, le régime va jusqu'à déclarer une loi martiale qui dure neuf ans (1972-1981)! Marcos est célèbre pour les fonds qu'il a détournés, estimés à 10 milliards de dollars et cachés en Suisse notamment.
Aujourd'hui, c'est Gloria Macapagal-Arroyo qui tient les rênes du pays. Sa réélection en 2004 est contestée et elle est aussi soupçonnée de corruption, au même titre que son mari d'ailleurs. En 2005, le magazine Forbes la classe à la quatrième place des femmes les plus puissantes du monde.
Héritage des colonies
Les colonies successives ont laissé plusieurs héritages aux Philippines. D'abord, la présence très prosélyte de l'Espagne en a fait un des plus grands pays catholiques du monde. La religion y est aujourd'hui encore finement mêlée à la vie publique. Ensuite, les États-Unis, alliés de toujours, lui ont inspiré son système politique, copie conforme du leur, et une aversion marquée pour le communisme. Ces deux faits ne sont pas anodins car les différents groupes rebelles, dont les activités ont fait environ 120'000 victimes depuis 1978, se battent justement pour la reconnaissance de leur minorité musulmane ou de leurs idées communistes.



