Lien vers un document interneL’Est congolais: une poudrière

Des millions de morts, des centaines de milliers de réfugiés et déplacés, le viol systématique et autres atrocités élevés au rang d'armes de guerre… On peut vraiment se demander comment cette région riche et magnifique a pu en arriver là.

L'Est congolais

L'Est congolais

Les débuts
En 1960, l'ancien Congo belge accède à l'indépendance et devient la République du Congo. Six ans plus tard, au début du «règne» du président autoproclamé Mobutu Sese Seko, le pays ajoute le terme «démocratique» à son nom pour se différencier de son voisin le Congo, une ancienne colonie française. De démocratique, la nouvelle république n'aura que le nom puisqu'elle verra le pouvoir confisqué par le maréchal Mobutu et son parti unique (le MPR) jusqu'en 1997. Le nouvel homme fort change d'ailleurs rapidement le nom du pays qui, en 1971, devient le Zaïre. En 1997, au terme de la première guerre du Congo, le maréchal est renversé par le rebelle Laurent-Désiré Kabila et le pays retrouve son nom actuel.

Puzzle ethnique
Comme d'autres anciennes colonies africaines, la République démocratique du Congo rassemble différentes ethnies parlant de très nombreuses langues. Ces ethnies ne sont évidemment pas cantonnées à l'intérieur des frontières du pays. Les Tutsis par exemple, victimes du génocide rwandais de 1994, sont présents au Burundi, au Rwanda et dans la région du Kivu, à l'est de la RDC. En 1994, à la suite des massacres dans leur pays, environ deux millions de Rwandais – principalement des Hutus, dont certains dirigeants sont rendus responsables du génocide – trouvent refuge chez leurs voisins zaïrois. On dénombre parmi ces réfugiés des membres de milices ayant effectivement pris part au génocide. Deux ans plus tard, en 1996, le gouverneur zaïrois du Sud-Kivu ordonne à ces réfugiés d'évacuer les camps qu'ils occupent et de quitter la région, sous peine de mort. Ils refusent et s'allient aux rebelles luttant contre le pouvoir de Mobutu. Cette rébellion, soutenue en sous-main par les autorités rwandaises et ougandaises, portera Laurent-Désiré Kabila au pouvoir et forcera Mobutu à l'exil.

Deuxième conflit
Une fois installé au pouvoir, Kabila ne fait guère mieux que son prédécesseur. Il est très vite suspecté de corruption et tente de s'arroger un pouvoir absolu. Certains de ses alliés se retournent contre lui et rejoignent les rangs d'une nouvelle rébellion. En 1998, un an après son accession au pouvoir, Kabila doit faire face à une deuxième guerre. Il sera lui-même assassiné en 2001. Plus complexe que la précédente, cette guerre dure jusqu'en 2003 et implique neuf pays africains ainsi qu'une trentaine de groupes armés. Selon les sources, quatre à six millions de personnes seront victimes du conflit, la plupart en raison des famines et des épidémies qui l'accompagnent. Aujourd'hui, malgré la présence des casques bleus onusiens, la situation reste très précaire et il suffit de peu pour que les combats reprennent.

Victimes
On le voit, les raisons de ces crises sont multiples: politiques, ethniques mais aussi économiques car les voisins de la RDC lorgnent sur ses nombreuses richesses naturelles (diamants, or, gaz, pétrole, minerais, etc.). Comme bien souvent, les victimes sont des civils dans leur immense majorité. Réfugiés et déplacés – pris entre deux feux et totalement démunis – paient notamment un lourd tribut à cette guerre. Les femmes font une autre cible privilégiée. Les militaires et miliciens de tous bords ont fait du
viol systématique une arme de guerre visant à détruire, à travers les femmes, l'ensemble de la société. Car une fois violées, celles-ci sont bien souvent rejetées par leur propre communauté, famille ou mari.

  • La RDC sur tsrinfo.ch

  • Un sommet pour enrayer la crise

  • La RDC sur Wikipédia

  • Pour comprendre les réfugiés

  • Lien vers un site externeEnvers et contre tout

    Tu es en grand danger et tu dois fuir ton pays. Sauras-tu te débrouiller? Tente ta chance! C'est ainsi que commence ce jeu imaginé par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). L'occasion de comprendre par quoi passent certains migrants avant d'arriver à destination.