Lien vers un document interneDiamants africains: manne et malédiction

La pierre précieuse éternelle est aussi une source de problèmes sans fin. Utilisée par les rebelles africains pour acheter des armes, elle représente une menace constante pour la sécurité du continent.

Exploitation traditionnelle du diamant

Exploitation traditionnelle du diamant

«Alors que d'énormes profits ont été tirés des diamants tout au long du conflit, les seules retombées qu'a connues la population du pays où ils ont été extraits sont la terreur, le meurtre, la mutilation et la pauvreté.» Ce constat, c'est Partenariat Afrique Canada, coalition d'ONG canadiennes qui le publiait dans un rapport daté de 2000. Le conflit auquel fait référence l'organisation est celui de la Sierra Leone. 120'000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1991 et 2001.

Où passaient ces fonds issus du commerce des diamants dont regorge le pays? Une partie de la réponse se trouve au-delà de la frontière sud du pays, du côté de son voisin le Libéria et de son ex-président, Charles Taylor.

Trafic et corruption
Pour accéder à la présidence, celui-ci aurait largement eu recours au trafic de diamants. Problème: son pays n'en produit que très peu. Charles Taylor aurait donc utilisé la corruption qui régnait en Sierra Leone pour tirer lui-même profit de pierres extraites illégalement.

Les crimes pour lesquels il est aujourd'hui poursuivi ont été commis entre 1996 et 2001 par les rebelles sierra-léonais du Front Révolutionnaire Uni (RUF), que l'ex-homme fort libérien soutenait financièrement grâce aux pierres précieuses. C'est la Cour Pénale Internationale qui est chargée de statuer sur son sort.

Diamants «sales»
Tout comme la Sierra Leone, l'Angola et la République démocratique du Congo sont de gros producteurs de diamants. Et font également partie des pays africains les plus pauvres et les plus touchés par les conflits. Pas étonnant lorsqu'on sait que 20% de la production mondiale annuelle de diamants serait d'origine illégale et qu'une partie de cette manne sert à financer des groupes armés. D'après Douglas Farah, journaliste au Washington Post, le trafic aurait même permis de financer le terrorisme international, notamment Al Qaïda.

Guerres, pauvreté, corruption, terrorisme… Selon les pays, le bilan de l'exploitation de cette ressource naturelle est catastrophique. Mais, légale ou non, on estime que l'activité diamantifère fait vivre plus de dix millions d'individus en Afrique, soit 1% de la population du continent.
(Franck Sarfati – 21.07.06)

  • Géopolitis

  • Diamants, nickel ou zinc: ressources… de guerre?