
Enrôlés dès l'âge de 10 ans, les enfants étaient drogués pour atténuer leur peur. Copyright: CICR/Mayer Till
Selon l'UNICEF, plus de 10'000 enfants ont été enlevés à leur famille et enrôlés de force durant la guerre en Sierra Leone. Les garçons comme combattants ou porteurs et les filles comme esclaves, parfois sexuelles. Les combattants – une dizaine d'années pour les plus jeunes – étaient drogués, ce qui réduisait leur peur et en faisait des véritables machines à tuer.
Certains ont été forcés de tuer leurs proches, ce qui les excluait à vie de leur communauté et assurait leur fidélité aux rebelles. Les enfants-soldats arrivent aujourd'hui à l'âge adulte et sont doublement victimes: ils ont souffert de leur participation forcée au conflit et sont encore aujourd'hui considérés comme des parias dans leurs villages.
Les rebelles du RUF comme les forces pro-gouvernementales ont exploité des enfants durant le conflit. Selon certaines estimations, les forces du RUF étaient composées à 70% de mineurs, dont certains détenaient même des titres de capitaine ou lieutenant. Aujourd'hui, selon un jugement de la Cour pénale internationale, l'enrôlement forcé de mineurs de moins de 15 ans est considéré comme un crime de guerre. Certains chefs de guerre sierra-léonais sont mis en accusation pour ce motif.
Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) travaillent à la réhabilitation des enfants victimes de la guerre. Car la reconstruction du pays passe par eux: plus de 45% de la population a moins de 14 ans. Les ONG enseignent un métier à ces jeunes qui n'ont connu que la guerre et leur propose un soutien psychologique. Elles tentent aussi de mieux les faire accepter au sein de la population.
La problématique des enfants-soldats n'est pas propre à la Sierra Leone, on la retrouve dans la plupart des conflits africains: Congo, Libéria, Côte d'Ivoire, etc. Et le problème n'est pas propre au continent noir, il touche d'autres régions du globe comme l'Irak, le Pérou ou le Venezuela pour ne citer qu'eux. (Gaël Hurlimann – 15.09.06)
Plus d'informations: child-soldiers.org; amnesty.org


Enfants-soldats: témoignage