
Drapeau de la Sierra Leone
En avril 1961, après deux siècles de domination britannique, la Sierra Leone devient indépendante. Elle connaît dès lors une grande instabilité politique dûe à la fragilité de son modèle d'Etat occidental, aux rivalités entre les différentes communautés et aux luttes tribales qui s'ensuivent.
Entre 1967 et 1968, le pays subit quatre coups d'État. En 1971, après deux nouveaux putsch, Siaka Stevens, fondateur en 1960 du Congrès de Tout le Peuple (APC, All People's Congress) reprend les commandes du pays et instaure un régime de parti unique. Demeuré seul parti légitime, l'APC élimine alors toute forme d'opposition.
En janvier 1986, Stevens est remplacé à la tête du gouvernement par le commandant Joseph Saidu Momoh qui, dès mars 1987, doit lui aussi faire face à un coup d'État. Celui-ci échoue, mais le nouveau président instaure un «état d'urgence économique» assorti de mesures d'austérité draconiennes.
Un conflit importé du Liberia
Début 1991, la guerre civile fait rage au Liberia voisin. La Sierra Leone sert d'abord de refuge aux Liberiens fuyant le conflit. Mais le pays devient à son tour une zone de combats après que Charles Taylor (Charles Taylor, surnommé le «Diable Rouge»), leader de la rébellion liberienne, ait traversé la frontière avec ses troupes. Il s'allie à Foday Sankoh, chef du RUF (Revolutionary United Front) et opposant d'Ahmed Tejan Kabbah, président en place. Les troupes du RUF attaquent deux villages à l'Est du pays, marquant ainsi le début du conflit en Sierra Leone. Motivation première des rebelles: le contrôle des zones de production des diamants.
En 1992, Valentine Strasser accède à la tête de l'Etat sierra-léonais. Ce jeune officier double les effectifs de l'armée mais ne parvient pas à mettre un terme au conflit. Entre 1991 et 1995, les combats entraînent d'importants déplacements de populations. 50'000 personnes trouvent par exemple refuge en Guinée.
Entre 1996 et 1998, le pays change trois fois de dirigeants. En 1997, une force ouest-africaine d'interposition (l'Ecomog) est engagée dans le conflit pendant que l'armée US évacue les ressortissants occidentaux vers les pays voisins.
En février 1998, l'Ecomog reprend la capitale à Johnny Paul Koroma, devenu chef de l'Etat en 1997 à la faveur d'un énième putsch. Mais si cette offensive permet au président Kabbah de rentrer d'exil, elle ne met pas un terme au conflit.
Des intérêts multiples
Charles Taylor, devenu entre-temps l'homme fort du Liberia, tente toujours d'étendre son influence sur la Sierra Leone et ses richesses minières (Diamants africains: manne et malédiction). Parallèlement, le président nigérian Abacha essaie de conserver son emprise grâce à Kabbah, auquel il est lié personnellement.
Téléguidés par Taylor, les rebelles du RUF commettent en 1998 des atrocités contre la population civile. En janvier 1999, ils entrent dans Freetown et mettent la capitale à feu et à sang. Bilan: 6'000 morts. C'est l'apogée du conflit et la communauté internationale commence enfin à s'y intéresser
En juillet 1999, des pourpalers de paix sont tenus à Lomé (Togo). Ils aboutissent à un cessez-le-feu provisoire et à la création d'une commission chargée des ressources minières, cause essentielle du conflit.
Une mission des Nations Unies en Sierra Leone (Minusil) forte d'une dizaine de milliers d'hommes, est chargée de surveiller le désarmement des combattants et de prendre le contrôle des zones minières.
En mai 2000, pour empêcher l'accès des mines aux forces de l'ONU, le RUF attaque une nouvelle fois Freetown et 500 casques bleus sont pris en otage. Peu après, un contingent britannique aide l'armée nationale à reprendre en mains la situation. Les casques bleus sont libérés à la suite de pressions internationales sur Charles Taylor. Il sera lui-même arrêté en mars 2006 pour être traduit devant la Cour Pénale Internationale (La Justice internationale) (CPI) courant 2007. (Franck Sarfati – 20.07.06)


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