Lien vers un document interneFemmes yéménites: entre lois, coutumes et religion

Selon la Constitution du pays, qui ne contient aucune disposition discriminatoire, les femmes yémenites devraient être en mesure de mener une vie digne. Pourtant, dans ce pays islamique aux coutumes millénaires, d'énormes progrès restent à faire.

Jeune bergère yéménite

Jeune bergère yéménite

Le Yémen est un des plus anciens bastions de l'islam. Cette religion y a été embrassée dès 628 ap. J.C., six ans seulement après son apparition chez son voisin du Nord, l'actuelle Arabie Saoudite.

C'est le gouverneur d'alors, un Perse, qui se convertit le premier, entraînant avec lui l'ensemble de la population. Dès lors, de nombreuses mosquées sont construites et les yéménites deviennent rapidement des musulmans zélés.

À la fin du IXe siècle, un imam, descendant direct d'Ali, fonde la dynastie chiite des zaydites, représentant aujourd'hui env. 45% des fidèles du pays, présents principalement au Nord. Le solde des 98% de musulmans du Yémen est issu d'une branche du sunnisme, le chaféisme, plutôt implantée au Sud.

Les 2% restants, composés de quelques chrétiens et hindous, vivent sur la côte Sud et sont des reliques du temps où la région était une étape importante sur les voies commerciales menant à son voisin indien (voir histoire).

Les femmes
Comme dans la plupart des pays islamiques, le statut des femmes pose problème. En 2002, le CEDAW, une convention onusienne visant à l'élimination de toute forme de discrimination envers les femmes, a publié un rapport très critique sur la situation au Yémen. Depuis, des réformes ont été entreprises mais elles ne sont que difficilement appliquées.

Dans le rapport de 2002, on apprend par exemple que la Constitution yéménite place les deux sexes sur le même pied d'égalité. Mais il n'en va pas de même pour le code pénal. Celui-ci autorise par exemple le mari à tuer sa femme si elle se rend coupable d'adultère. Pas l'inverse évidemment.

Selon la loi sur le statut personnel, elles ont le devoir d'obéir à leur mari et sont supposées lui demander son autorisation lorsqu'elles souhaitent sortir du domicile. Quant à l'âge minimum du mariage, il est fixé à 15 ans.

La charia – la loi coranique – établit en outre que «les relations dans le couple doivent être dictées par le respect mutuel.» Si l'homme a le droit de répudier sa femme, celle-ci peut elle aussi rompre le contrat de mariage. La Constitution lui donne également le droit de travailler et même de remplir les fonctions de juge ou procureur, cas très rare dans le monde arabe.

Dans les faits, les femmes yéménites ne subissent donc pas vraiment les conséquences de règles religieuses ou juridiques mais plutôt celles de très anciennes coutumes dont certaines, comme l'excision, ont été importées.

Le problème, c'est que 70% d'entre elles sont analphabètes, et n'ont donc accès à aucune information. Dans ces conditions, il faudra du temps pour que les réformes concernant leur statut s'imposent dans les campagnes les plus reculées où vivent les trois-quarts des femmes yéménites.

  • Femme voilée au marché

  • Lien vers un site externeGuerres oubliées: le site web

    Si vous voulez en savoir plus sur le Yémen et visionner les reportages réalisés sur place, cliquez ici.

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