Ces royaumes, qui maîtrisaient l'irrigation depuis mille ans déjà, prospèrent grâce à leur production de cannelle, d'épices, de myrrhe et d'encens dont les pays voisins sont friands. Leur déclin débute lorsque le commerce international de l'époque choisit de transiter par la Mésopotamie (l'Irak actuel) pour ses échanges avec l'Inde.
À partir de 114 av. J.-C., la dynastie des Himyarites prend le relais de celle de Saba. Certains de ses souverains adoptent le christianisme, d'autres le judaïsme. Une invasion éthiopienne y met fin en 525 ap. J.-C., marquant ainsi l'avènement d'une nouvelle capitale: Sanaa. Mais la domination ne dure pas car cette région d'Arabie méridionale devient rapidement une division administrative de la Perse (l'Iran actuel), qui la convoitait depuis longtemps.
En 628, le gouverneur perse du Yémen embrasse une religion apparue depuis peu: l'islam. Tout son peuple fait de même et devient le fer de lance des grandes conquêtes arabes, alors même que le pays est déchiré par de nombreuses rivalités tribales.
Fragilisé par ses querelles internes, le Yémen subit une domination étrangère dès le XVIè siècle. Les Portugais tentent d'y établir des comptoirs sans toutefois y parvenir. Les Ottomans, eux, ont plus de succès. Ils dirigeront le pays pendant plus d'un siècle et y introduiront la culture et le commerce du café.
Dès 1839, c'est au tour des anglais de prendre leurs quartiers. Ils commencent leur colonisation par Aden, à l'extrême Sud. Rapidement, la Grande-Bretagne signe des traités avec de nombreux chefs locaux et contrôle ainsi des territoires qui deviendront ensuite le Yémen du Sud. Dix ans plus tard, ce sont les Ottomans qui font leur retour au pays.
En 1905, Ottomans et Britanniques signent un traité délimitant leur sphère d'influence réciproque. C'est de cette partition que naîtront les Yémen du Nord et du Sud. En 1919, les Ottomans (qui deviendront bientôt les Turcs) quittent le territoire. Dès lors, les Yémens du Nord et du Sud évoluent indépendamment.
Le Nord
Un conflit avec l'Arabie Saoudite débouche sur la perte de la région de l'Asir, passée sous domination Saoudienne en 1934. En 1948, le guide spirituel et chef du Yémen du Nord, l'imam Yahya est assassiné. Son fils Ahmad prend alors le pouvoir et tente de moderniser le pays en l'ouvrant aux influences extérieures. Après sa mort, en 1962, un coup d'Etat militaire soutenu par l'Egypte donne naissance à la République arabe yéménite (RAY).
S'ensuivent des années de guerre civile opposant républicains, soutenus par l'Egypte, et royalistes, aidés par l'Arabie Saoudite. La guerre prend fin en 1967 et, en 1970, une nouvelle constitution favorable aux puissances occidentales est promulguée.
Le Sud
En 1926, un traité entérine la domination britannique sur Aden et les terres voisines. Dès les années 1960, le Yémen du Sud est confronté à des violences opposant Britanniques et nationalistes.
En 1967, la Grande-Bretagne se retire et l'indépendance est proclamée. Le régime devient marxiste sous la domination du président Salim Ali Rubayyi. Mais les réformes qu'il veut imposer sont loin de faire l'unanimité. En juin 1978, il est renversé et exécuté par un soulèvement militaire.
Un seul pays
En septembre-octobre 1972, les deux Yémens se livrent une guerre qui se termine par un traité dessinant les contours d'une future réunification. Mais celui-ci restera sans effet jusqu'en mars 1979, date à laquelle la guerre reprend. En 1978, Ali Abdallah Saleh est élu présiden du Yémen du Nord. Il obtient des concessions de la part de son voisin du Sud et la paix est signée début 1983.
En 1988, Saleh est réélu à la présidence et, un an plus tard, l'accord signé avec le Yémen du Sud permet la réunification des deux pays. Elle prend effet le 22 mai 1990. Mais les problèmes persistent: attentats, émeutes, impossibilité de fusionner les services publics (armées, télévisions, compagnies aériennes).
En 1993, des élections législatives permettent de faire un pas en direction de la démocratie. Cependant, le 21 mai 1994, le Sud déclare unilatéralement son indépendance. Malgré la prise d'Aden par les troupes d'Ali Abdallah Saleh et l'intervention de plusieurs pays arabes et du Conseil de sécurité de l'ONU, la guerre reprend.
En septembre 1999, Saleh remporte la première élection présidentielle au suffrage universel, avec plus de 96 % des voix. Il est réélu en septembre 2006 avec 77,2% des suffrages. Si aujourd'hui le Yémen a mis fin à ses contentieux frontaliers et internes, sa situation économique reste difficile et l'insécurité règne, notamment en raison des prises d'otages de touristes étrangers.




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