Lien vers un document interneLes soucis de nos cadets

Bien sûr que les enfants ont droit à un nom, à une nationalité ou à une éducation! Vu d'ici, cela semble une évidence. Pourtant, selon les époques et les lieux, cette évidence a été – et est encore – remise en question. D'où l'importance d'une convention signée par (presque) tous les pays.

Pas les cadets de nos soucis

Pas les cadets de nos soucis

L'origine latine du mot «enfant» est assez révélatrice: «celui qui ne parle pas». Pendant des siècles, les enfants furent en effet ceux qui ne s'exprimaient pas ou, le cas échéant, dont l'opinion ne comptait pas. Ceux auxquels les adultes demandaient simplement d'être mignons. Et surtout de se taire.

Dans certaines sociétés, ils n'étaient que quantités négligeables. D'après les lois romaines par exemple, le père de famille avait droit de vie et de mort sur les nouveaux-nés. À la naissance, il suffisait au pater familias de déposer l'enfant au sol au lieu de le prendre dans ses bras pour qu'il soit mis à mort.

Avancées importantes
Depuis, les choses ont heureusement évolué. La Révolution française et son cortège d'avancées sociales (abolition des privilèges, école primaire obligatoire et gratuite) y est pour beaucoup. La première Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, datée du 4 août 1789, est d'ailleurs annonciatrice des futures prérogatives accordées aux enfants.

Il s'écoulera tout de même 200 ans entre ces deux beaux gestes de l'humanité. Ce n'est qu'en 1978 que l'ONU met sur pied une commission chargée de se pencher sur la question de l'enfance et de ses droits. Les 54 articles de la Convention internationale des droits de l'enfant verront le jour onze ans plus tard, le 20 novembre 1989.

Ce texte est aussi fondamental pour le bien-être des enfants que pour la promotion de la paix dans le monde. L'application de ses principes (respect, famille, liberté d'expression, etc.) serait une aide inestimable dans l'optique d'un apaisement des conflits armés, selon le souhait émis par Maria Montessori: «faire participer les enfants à la reconstruction du monde et à l'édification de la paix.»

Progrès nécessaires
Aujourd'hui, la convention a été ratifiée par 192 pays. Tous ces signataires ont donc dû mettre leurs lois nationales en adéquation. Absent de marque: les États-Unis. Ceux-ci ne pouvaient le ratifier puisque, dans certains états, la peine de mort contre les mineurs était en vigueur. Celle-ci a été abolie en mars 2005, sans toutefois mener à la ratification.

Un texte important donc, bien qu'insuffisant dans les faits. Car pour faire de ces droits le quotidien de chaque enfant, le chemin est encore long. Il devra passer par le développement d'un environnement social et économique propice. Malheureusement, malgré leurs bonnes intentions, certains des États signataires semblent bien loin du compte. (Franck Sarfati – novembre 2007)

  • Lien vers une émission de la TSRLes enfants soldats

    Une troupe de théâtre sénégalaise a confronté des élèves chaux-de-fonniers à la problématique des enfants soldats. Ceux-ci vivent une situation catastrophique puisque l'ensemble de leurs droits sont bafoués.
    19:00 le journal (17.03.06 – 01:46 min.)